Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme,
Madame le Ministre auprès du Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme chargée de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique,
Monsieur l’Ambassadeur de la République arabe d’Égypte, pays invité d’honneur,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les représentants des Institutions internationales,
Mesdames et Messieurs les acteurs de la chaîne du livre,
Mesdames et Messieurs les représentants de la communauté littéraire et artistique,
Monsieur le Professeur Ibrahima Wane,
Mesdames et Messieurs les experts,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais vous transmettre les chaleureuses salutations de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République, qui m’a chargé de le représenter à cette cérémonie et de vous exprimer son soutien à la promotion du livre et de la lecture.
Cette dix-huitième édition de la Foire internationale du Livre et du Matériel didactique de Dakar s’ouvre dans le deuil. Le 3 octobre dernier, Cheikh Hamidou Kane nous a quittés à l’âge de 98 ans. Auteur de L’Aventure ambiguë et des Gardiens du temple, il a donné à des générations d’Africains les mots pour penser leur rapport au monde sans renoncer à eux-mêmes. Le dilemme de Samba Diallo demeure actuel à l’heure du numérique et de l’intelligence artificielle. Grand serviteur de l’État, il laisse aussi l’exemple d’un engagement public rigoureux.
Au nom du Président de la République, du Gouvernement et en mon nom propre, je présente nos condoléances attristées à sa famille et à la Nation. Je vous invite à observer une minute de silence à sa mémoire.
Mesdames et Messieurs,
Placée sous le thème « Bibliothèque, Transmission, Souveraineté », cette édition nous invite à une réflexion fondamentale : quels savoirs devons-nous préserver, organiser et transmettre pour affirmer notre souveraineté culturelle, scientifique et intellectuelle ? Je salue les organisateurs de la FILDAK et le Professeur Ibrahima Wane pour sa leçon inaugurale, qui éclaire les enjeux de cette interrogation.
La bibliothèque ne se réduit pas à un bâtiment ou à une collection d’ouvrages. Elle exprime une volonté collective de rassembler, valoriser et partager les savoirs, les mémoires et les imaginaires qui fondent une Nation. Constituer notre propre bibliothèque, c’est nous donner les moyens de raconter notre histoire et de participer au dialogue universel des connaissances à partir de nos propres références.
Cette ambition prend une dimension nouvelle avec le numérique et l’intelligence artificielle. Ils facilitent l’accès au savoir et la rencontre des cultures, mais soulèvent des interrogations majeures sur la fiabilité des sources, l’authenticité des œuvres et la place de la créativité humaine. Lorsque la machine peut produire ou transformer les contenus, notre capacité à conserver et à transmettre un patrimoine intellectuel fiable devient plus décisive encore.
Notre réponse ne doit être ni le rejet de la technologie ni l’abandon de notre jugement aux algorithmes. L’éducation doit former une jeunesse capable de maîtriser ces outils tout en conservant l’autonomie de sa pensée, son esprit critique et son discernement. La technologie doit accroître les capacités de l’homme, non se substituer à sa responsabilité de penser et de créer.
Mesdames et Messieurs,
Nous disposons des ressources humaines, intellectuelles et culturelles nécessaires pour bâtir cette bibliothèque. Je rends hommage à nos écrivains, chercheurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires et à tous les acteurs de la chaîne du livre, et je félicite les personnalités distinguées par la FILDAK pour leur contribution à la défense du livre et de la lecture.
Je salue également la République arabe d’Égypte, pays invité d’honneur, civilisation millénaire liée à l’Afrique subsaharienne par de profondes continuités culturelles. La récente visite du Président de la République en Égypte a confirmé notre volonté commune de renforcer la coopération entre nos deux pays.
Je m’incline devant la mémoire du Professeur Cheikh Anta Diop, disparu il y a quarante ans. Dès 1954, avec Nations nègres et culture, il a restitué à l’Afrique sa place dans l’histoire de l’humanité et démontré l’africanité de la civilisation de l’Égypte ancienne. La présence de l’Égypte comme invitée d’honneur donne à cet héritage une résonance particulière.
Mesdames et Messieurs,
Il y a soixante-dix ans, en septembre 1956, le premier Congrès international des écrivains et artistes noirs, organisé à la Sorbonne à l’initiative d’Alioune Diop et de Présence Africaine, affirmait le droit des peuples africains à penser, créer et transmettre selon leurs propres références. Senghor, Césaire, Cheikh Anta Diop, Fanon et tant d’autres ont contribué à poser les fondements de notre souveraineté culturelle.
Les rencontres commémoratives prévues en novembre au Musée des Civilisations noires rappelleront cette ambition. Dakar demeure fidèle à sa vocation de carrefour de la pensée et des arts du monde noir, affirmée lors du Festival mondial des Arts nègres de 1966.
Je voudrais également souligner la place des Nouvelles Éditions africaines du Sénégal. Nées en 1972 de la volonté du Président Léopold Sédar Senghor de doter l’Afrique de ses propres instruments d’édition, elles ont révélé et diffusé des œuvres devenues des classiques, à l’image d’Une si longue lettre de Mariama Bâ. Par leur catalogue, leurs manuels scolaires et leur contribution à la circulation des idées, elles constituent un patrimoine majeur de notre création littéraire et de l’idéal panafricain.
À l’heure où nous parlons de souveraineté, maîtriser la production et la diffusion de nos livres est un enjeu stratégique. Les NEAS doivent retrouver le rayonnement qu’elles méritent, au service de nos auteurs, de nos lecteurs et de notre système éducatif.
Mesdames et Messieurs,
La transformation de notre système éducatif appelle une contribution déterminante des acteurs du livre. Nos enseignements doivent mieux refléter nos identités, notre histoire et nos langues nationales, tout en demeurant ouverts aux savoirs universels. Le livre est un instrument de formation, un vecteur d’émancipation et un facteur de cohésion, de paix et de développement.
Conformément à la vision du Président de la République, le Gouvernement maintiendra le livre et la lecture au cœur de sa politique culturelle. Malgré les contraintes économiques, notre volonté demeure forte. J’invite l’ensemble de la chaîne du livre à poursuivre un dialogue responsable avec les pouvoirs publics afin d’obtenir des résultats durables.
L’État poursuivra le maillage du territoire en bibliothèques, centres de lecture et d’animation culturelle, afin que chaque citoyen, y compris dans les territoires les plus éloignés, accède au livre et à la connaissance. C’est un impératif de démocratie, de justice sociale et de cohésion territoriale.
Je réaffirme également l’engagement du Président de la République : la Bibliothèque nationale sera réalisée. Le Gouvernement en accélérera la concrétisation. Cette institution devra conserver ce que nous avons produit, accueillir ce que nous apprenons des autres et transmettre aux générations futures les richesses de notre patrimoine.
Mesdames et Messieurs,
J’invite particulièrement les élèves, les étudiants et l’ensemble de nos concitoyens à fréquenter massivement la FILDAK, à découvrir les auteurs et à faire du livre un compagnon de leur formation et de leur épanouissement.
Dans deux semaines, les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 accueilleront la jeunesse du monde. Le livre y a toute sa place : sport et culture portent des valeurs communes de rencontre, de respect, de partage et d’humanisme.
Sur ce vœu de communion, au nom de Son Excellence Monsieur le Président de la République, je déclare ouverte la dix-huitième édition de la Foire internationale du Livre et du Matériel didactique de Dakar.
Bonne fête du livre !
Je vous remercie de votre attention.