Ouverture du colloque international sur le centenaire de Frantz FANON sous la présidence du Premier Ministre Ousmane SONKO

À l'occasion du centenaire de la naissance de Frantz Fanon (1925-2025), le Sénégal  accueille pendant trois jours, un colloque international réunissant chercheurs, artistes, militants et représentants politiques d'Afrique, des Caraïbes, du Maghreb, d'Europe et d'Amérique du Nord.  

Au nom du Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le Premier Ministre Ousmane Sonko a procédé, ce 17 décembre 2025,  à son ouverture au Musée des Civilisations Noires.

Dans un discours qui résonnera encore longtemps sur le continent et dans la diaspora, Il  a expliqué pourquoi Dakar accueillait Fanon :

Le Sénégal, dira-t-il , s'affirme comme un carrefour historique de la pensée décoloniale africaine, héritier de figures comme Cheikh Anta Diop, Alioune Diop et Léopold Sédar Senghor. Dakar a toujours été un espace de débat, de contestation et d'invention politique où, les grandes conversations africaines continuent de trouver leur expression conclura-t-il  refermant ce volet.

Il exposera ensuite les trois visages de Fanon:

Fanon comme psychiatre de la désaliénation qui  démontre que le colonialisme constitue une pathologie mentale collective affectant aussi bien le colonisé que le colonisateur. La désaliénation apparait alors comme une politique publique nécessaire pour restaurer la psyché collective africaine et construire une véritable souveraineté ;

Fanon comme penseur politique de la rupture qui alerte sur le risque que les indépendances africaines soient confisquées par des « bourgeoisies bureaucratiques » reproduisant les structures coloniales sous un nouveau drapeau. Son diagnostic sur la trahison des promesses d'indépendance résonne avec force dans les contestations contemporaines ;

Fanon comme humaniste de l'homme nouveau : qui ne prêche jamais la haine mais l'émancipation totale. Sa célèbre  phrase « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l'accomplir ou la trahir » constitue un appel direct à la jeunesse africaine d'aujourd'hui dira le chef du Gouvernement.

Le Premier Ministre pointera ensuite du doigt les défis contemporains identifiés :

La souveraineté monétaire où le franc CFA est indexé comme aliénant et la réforme inachevée de l'éco comme perpétuation de la dépendance.« Changer de nom sans changer de logique n'est pas une révolution — c'est un rebranding de la dépendance. » accusera-t-il ;

La diaspora comme force stratégique : Reconnue comme « sixième région de l'Union africaine », la diaspora africaine représente une puissance économique, culturelle et politique majeure dont les transferts financiers dépassent l'aide publique au développement dans plusieurs pays, martèlera le Premier Ministre .

Le monde multipolaire : Le Premier Ministre fera enfin remarquer que l'Afrique doit se positionner comme acteur stratégique dans un ordre mondial en recomposition, marqué par l'émergence des BRICS et le déclin de l'hégémonie occidentale traditionnelle.

Ousmane Sonko conclura son discours en inscrivant l’action gouvernementale actuelle dans le droit fil de l'héritage fanonien. Et de citer :

  • Révélation de la vérité sur les finances publiques ;
  • Lutte contre la corruption et les surfacturations ;
  • Contestation de la présence militaire étrangère ;
  • Refus des conditionnalités des institutions financières internationales ;
  • Défense de la souveraineté nationale face aux pressions extérieures ;
  • Réappropriation des ressources naturelles

Il résumera cette approche par le triptyque wolof « Jub, Jubal, Jubanti » (Droit, Droiture, Redressement), qui structure la philosophie d'action du gouvernement.

C’est par cette formule programmatique forte qu’ il clora son discours: « Nous ne commémorons pas Fanon. Nous le continuons. » Il enchainera, avant de prendre congé du public, en leur recommandant :  chers participants,  ce colloque n'est pas conçu comme un exercice académique mais, comme un moment politique destiné à répondre à la question : comment achever ce que Fanon a commencé ?