- Mesdames et Messieurs les Ministres,
- Monsieur le Gouverneur de la région de Kaolack,
- Mesdames et Messieurs les élus nationaux et territoriaux,
- Mesdames et Messieurs les autorités administratives,
- Honorables autorités religieuses et coutumières,
- Mesdames et Messieurs les représentants des partenaires techniques et financiers,
- Mesdames et Messieurs les représentants du secteur privé et des organisations de la société civile,
- Chères populations de Darou Salam, du département de Nioro du Rip et de la région de Kaolack,
- Mesdames, Messieurs,
C’est avec un réel plaisir que je préside, au nom de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République, cette cérémonie de célébration de la Journée nationale de l’Arbre, qui marque le lancement officiel de la Campagne nationale de Reboisement 2026.
Je voudrais, à l’entame de mes propos, transmettre les salutations chaleureuses du Chef de l’État ainsi que ses encouragements à toutes celles et à tous ceux qui, à travers le Sénégal, œuvrent quotidiennement à la préservation de nos forêts, de nos terres et de notre patrimoine naturel.
Je voudrais également remercier les autorités administratives, territoriales, religieuses et coutumières ainsi que les populations de Darou Salam pour la chaleur de l’accueil qui nous est réservé.
Le choix de Darou Salam pour abriter cette journée n’est pas fortuit.
En effet, cette localité, au cœur du département de Nioro du Rip et du bassin arachidier, est confrontée, comme de nombreux territoires de notre pays, à la dégradation des terres, à la régression du couvert végétal, à la pression sur les ressources naturelles et aux effets croissants du changement climatique.
Mais Darou Salam est également une terre de mobilisation et d’engagement communautaire. Son important tissu associatif, le leadership de ses autorités religieuses et locales et les nombreuses initiatives communautaires développées en faveur de la préservation des ressources naturelles en font une tribune indiquée pour m’adresser aux populations sur toute l’étendue du territoire national.
Mesdames et Messieurs,
Depuis 1983, la Journée nationale de l’Arbre constitue un moment majeur de sensibilisation et de mobilisation autour de la protection de notre patrimoine forestier. D’importantes réalisations ont pu être enregistrées.
Toutefois, plus de quatre décennies après son institution, nous devons franchir une nouvelle étape.
Nous devons nous poser une question simple : que deviennent les arbres que nous plantons ?
Car notre ambition ne peut plus se mesurer uniquement au nombre de plants produits, distribués ou mis en terre.
Elle doit désormais se mesurer au nombre d’arbres qui survivent, qui grandissent, qui restaurent nos sols, qui nourrissent nos populations, qui protègent nos terroirs et qui améliorent durablement notre cadre de vie.
C’est tout le sens du thème retenu pour cette édition :
« Des plants aux arbres : la responsabilité aux communautés ».
Et le slogan qui l’accompagne résume parfaitement l’esprit de cette nouvelle démarche : « Reboiser, c’est bien. Faire pousser, c’est nous. »
Ces quelques mots expriment une conviction forte : planter est le commencement, faire vivre l’arbre est notre véritable responsabilité.
Nous devons donc passer d’une logique de campagnes ponctuelles à une véritable culture nationale de l’arbre.
Chaque plant mis en terre doit avoir un responsable.
Chaque site reboisé doit faire l’objet d’un suivi.
Chaque collectivité doit connaître ses résultats.
Et notre performance devra être appréciée, non seulement à travers les plantations réalisées, mais surtout à travers leur taux de survie.
Mesdames et Messieurs,
Cette ambition s’inscrit pleinement dans la vision de transformation portée par le Président de la République, à travers l’Agenda Sénégal 2050 et son Masterplan 2025-2034.
L’arbre est au carrefour de plusieurs de nos priorités nationales.
Reboiser, c’est restaurer nos terres et lutter contre la désertification.
Reboiser, c’est protéger notre biodiversité et renforcer notre résilience face au changement climatique.
Reboiser, c’est aussi contribuer à notre souveraineté alimentaire, notamment lorsque nous valorisons les espèces fruitières et forestières qui nourrissent nos populations.
Reboiser, c’est enfin créer de l’activité et des emplois verts, particulièrement pour les jeunes et les femmes.
La politique de reboisement ne doit donc pas se réduire en une politique sectorielle réservée aux seuls services forestiers, mais elle doit devenir une composante à part entière de notre politique de développement économique, social et territorial.
Aussi, voudrais-je appeler à une mobilisation nationale. J’invite les collectivités territoriales à inscrire davantage le reboisement et le verdissement dans leurs politiques locales.
J’invite nos écoles, universités et daaras à faire de l’arbre un outil d’éducation à la citoyenneté environnementale.
J’invite les entreprises à renforcer leur contribution à l’effort national, notamment dans le cadre de leur responsabilité sociétale et environnementale.
J’invite les organisations communautaires, les associations de jeunes et de femmes et la société civile à s’approprier pleinement cette campagne.
Et j’invite chaque Sénégalais, où qu’il se trouve, à planter, mais surtout à adopter, protéger et faire grandir un arbre.
Mesdames et Messieurs,
La Campagne nationale de Reboisement 2026 doit également marquer une nouvelle étape dans la territorialisation de notre politique de reboisement et dans la responsabilisation des territoires.
Ici à Darou Salam, je saisis l’occasion de cette journée symbolique pour lancer un « Challenge national des Collectivités territoriales pour le Reboisement et le Verdissement ».
Ce Challenge permettra de distinguer les collectivités territoriales qui se seront particulièrement illustrées par l’ampleur et la qualité de leurs actions de reboisement et de verdissement, mais surtout par leur capacité à entretenir, protéger et assurer la survie des arbres plantés.
Dans cette optique, je soumettrai à la haute appréciation du Chef de l’Etat, la création du Prix du Président de la République pour le Reboisement et le Verdissement des Collectivités territoriales, pour traduire, au plus haut niveau de l’État, l’importance accordée à l’engagement des territoires en faveur de la restauration de notre patrimoine naturel.
Je voudrais donc inviter chaque commune, chaque ville et chaque département à faire de ce Challenge un puissant levier de mobilisation citoyenne, d’innovation locale et d’amélioration durable du cadre de vie.
Dans cette même dynamique, le Gouvernement entend donner une impulsion particulière à l’initiative « Une commune, une pépinière », qui constitue l’une des ambitions majeures de notre politique de reboisement.
Notre objectif est de parvenir progressivement à ce que chaque commune du Sénégal dispose d’une capacité locale et pérenne de production de plants, adaptée à ses réalités écologiques et aux besoins de ses populations.
Il s’agit de rapprocher le plant du lieu où il doit être mis en terre, de réduire les contraintes liées à son acheminement, de favoriser la disponibilité d’espèces adaptées aux terroirs et de permettre aux communes de mieux planifier leurs propres programmes de reboisement.
À terme, « Une commune, une pépinière » devra contribuer à inscrire le reboisement dans la durée, à créer des opportunités d’emplois verts pour les jeunes et les femmes et à faire de chaque collectivité territoriale un acteur pleinement responsable de la restauration et du verdissement de son territoire. Le secteur privé devra trouver sa place dans cette nouvelle dynamique.
Mesdames et Messieurs,
La présente édition met à l’honneur deux espèces particulièrement importantes pour notre pays : le Néré et le Nébéday ou Moringa.
Le Néré, Parkia biglobosa, est un arbre emblématique de nos paysages et de nos systèmes agroforestiers. Il contribue à la fertilité des sols, à la préservation de la biodiversité et à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. Sa disparition de zones géographiques de plus en plus importantes doit nous interpeller.
Le Nébéday, ou Moringa, est également une espèce aux multiples usages, particulièrement appréciée pour ses qualités nutritionnelles, sa capacité d’adaptation et son potentiel économique.
À travers ces deux arbres parrains, nous affirmons une orientation claire : reboiser utilement, avec des espèces adaptées à nos terroirs, qui restaurent les écosystèmes tout en apportant une valeur alimentaire, sociale et économique aux communautés.
Car les populations protégeront d’autant mieux l’arbre qu’elles en percevront concrètement l’utilité.
Chères populations de Darou Salam,
Les arbres que nous allons mettre en terre ne devront pas être uniquement les témoins d’une cérémonie.
Ils devront devenir, dans quelques années, les témoins de notre engagement collectif.
Je souhaite que Darou Salam devienne un symbole du nouveau modèle de reboisement que nous voulons promouvoir : un modèle dans lequel l’État accompagne, les collectivités organisent, les communautés s’engagent et chaque acteur assume sa part de responsabilité.
Je lance un appel à notre jeunesse. Faites de l’arbre votre patrimoine !
À nos femmes, dont le rôle dans la gestion des ressources naturelles et la sécurité alimentaire est essentiel : soyez les ambassadrices de cette nouvelle culture de l’arbre !
Aux élus locaux : faites du verdissement de vos territoires un indicateur de bonne gouvernance locale !
Aux entreprises : faites de votre responsabilité environnementale une contribution concrète et mesurable à la restauration de notre patrimoine naturel.
Mesdames et Messieurs,
La réussite de cette campagne ne sera pas l’affaire d’une journée. Elle se jouera dans les semaines, les mois et les années qui suivront. Elle se jouera lorsque les caméras seront parties. Elle se jouera lorsque viendra le temps d’arroser, de protéger, de remplacer les plants perdus et de mesurer les résultats.
J’engage le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, en rapport avec les Gouverneurs, les collectivités territoriales et l’ensemble des acteurs concernés, à mettre en place un suivi rigoureux des plantations réalisées durant cette campagne et à rendre compte régulièrement de leur évolution.
Notre ambition doit être claire : faire de chaque campagne de reboisement un investissement durable pour les générations futures.
Au nom de Son Excellence Monsieur le Président de la République, je félicite et encourage les agents des Eaux et Forêts et l’ensemble des personnels qui, souvent dans des conditions difficiles, assurent la protection de notre patrimoine forestier.
J’adresse également les remerciements du Gouvernement à nos partenaires techniques et financiers, aux collectivités territoriales, au secteur privé, aux organisations de la société civile, aux communautés et à tous les citoyens engagés dans cet effort national.
Mesdames et Messieurs,
Un arbre que nous plantons aujourd’hui est une promesse faite à demain.
Une promesse de terres plus fertiles. Une promesse de territoires plus résilients. Une promesse de nourriture, d’ombre et de biodiversité. Une promesse, surtout, faite à nos enfants de leur transmettre un Sénégal plus vert et un patrimoine naturel restauré.
Notre engagement collectif pour un patrimoine végétal ressuscité est résumé de façon très simple :
Planter. Protéger. Entretenir. Faire grandir.
C’est ainsi que nous passerons véritablement des plants aux arbres.
C’est ainsi que nous ferons du reboisement une responsabilité nationale, mais aussi une responsabilité de chaque territoire, de chaque communauté et de chaque citoyen.
Et c’est ainsi que prendra tout son sens notre slogan :
« Reboiser, c’est bien. Faire pousser, c’est nous. »
Sur ces mots, et au nom de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République, je déclare officiellement lancée la Campagne nationale de Reboisement 2026.
Vive Darou Salam !
Vive la région de Kaolack !
Vive un Sénégal plus vert, plus résilient et plus souverain !
Je vous remercie de votre aimable attention.