Diaspora sénégalaise en Côte d’Ivoire : le Premier Ministre appelle à une mobilisation autour de l’Agenda Sénégal 2050

À l’occasion d’une rencontre avec la communauté sénégalaise établie en Côte d’Ivoire, le Premier Ministre a réaffirmé la volonté du Gouvernement de faire de la diaspora un acteur majeur de la transformation économique et sociale du Sénégal. Logement social, financement des femmes et des jeunes, accompagnement des entrepreneurs et contribution à l’Agenda Sénégal 2050 ont été au cœur des échanges.

La diaspora sénégalaise établie en Côte d’Ivoire constitue un levier important pour le développement économique et social du Sénégal. C’est le message central porté par le Premier Ministre lors de sa rencontre avec les ressortissants sénégalais vivant dans ce pays, en présence notamment de l’ambassadeur du Sénégal, du consul général et de plusieurs cadres, entrepreneurs, investisseurs et représentants d’organisations de la communauté.

Dans un contexte marqué par la volonté de renforcer les liens entre les Sénégalais de l’extérieur et leur pays d’origine, cette rencontre a permis de mettre en lumière les préoccupations de la communauté, mais également les opportunités de mobilisation de ses compétences, de ses ressources financières et de son réseau professionnel au service de la transformation nationale.

La diaspora, un acteur à part entière de Sénégal 2050

Dans sa réponse aux différentes préoccupations exprimées, le Premier ministre a insisté sur la nécessité pour les Sénégalais de se rassembler autour de l’essentiel : la recherche de solutions concrètes aux difficultés des populations et la construction d’un avenir commun.

Il a rappelé que l’Agenda national de transformation Sénégal 2050 place au premier rang des priorités l’amélioration des conditions de vie des citoyens, l’équité sociale et la transformation structurelle de l’économie.

Cette ambition s’appuie notamment sur une approche axée sur les résultats, avec une soixantaine d’indicateurs destinés à mesurer les progrès accomplis et les impacts des politiques publiques. Le référentiel promeut également les principes de Jub, Jubal, Jubanti, qui mettent l’accent sur la rigueur, la transparence et la responsabilité dans la conduite des affaires publiques.

Pour le Premier ministre, la diaspora doit prendre toute sa place dans cette dynamique. Souvent considérée comme une région supplémentaire du Sénégal, elle contribue au rayonnement du pays, à son économie et à son influence internationale. Son rôle ne saurait toutefois se limiter aux transferts financiers : ses compétences, son expérience, ses investissements et sa capacité à créer des passerelles avec les économies d’accueil représentent autant d’atouts à mobiliser.

L’enjeu est ainsi de passer d’une diaspora connectée au Sénégal à une diaspora pleinement engagée dans l’action.

Financer les femmes et les jeunes, accompagner l’entrepreneuriat

Les préoccupations économiques et sociales ont occupé une place importante dans les échanges. Le financement des femmes disposant de moyens limités pour développer une activité commerciale a notamment été évoqué. Une enveloppe de 35 millions de francs CFA destinée à soutenir les initiatives économiques des femmes a été mentionnée, avec la nécessité de réexaminer son montant au regard de l’ampleur des besoins.

Les participants ont également souligné l’importance d’intégrer les jeunes, notamment ceux qui souhaitent développer des activités génératrices de revenus, afin de leur offrir de véritables perspectives d’autonomisation.

En réponse, le Premier ministre a indiqué que des dispositifs d’accompagnement existaient, notamment à travers la Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ). Il a invité la communauté à prendre attache avec les responsables compétents afin d’étudier les possibilités d’appui aux initiatives identifiées.

Au-delà de la disponibilité des financements, les échanges ont mis en évidence un enjeu essentiel : structurer les projets, mieux organiser les bénéficiaires et présenter aux institutions financières des dossiers suffisamment solides pour favoriser l’accès au crédit. L’accompagnement devra ainsi associer financement, encadrement technique, suivi des activités et mécanismes de redevabilité.

Le secteur informel, qui occupe une place importante dans l’économie sénégalaise, constitue également un chantier prioritaire. Sa restructuration progressive pourrait contribuer à améliorer la viabilité des activités, à sécuriser les revenus et à favoriser l’émergence de petites entreprises plus compétitives.

Le logement social, une attente forte de la communauté

L’accès au logement a également été soulevé comme une préoccupation majeure des Sénégalais établis en Côte d’Ivoire. Le Premier ministre a rappelé l’importance accordée à la question de l’habitat dans la politique de transformation nationale, notamment à travers les projets de logements sociaux et le développement de pôles urbains dans les quatorze régions du Sénégal.

Pour répondre efficacement aux attentes de la diaspora, les besoins devront être recensés et organisés, afin de permettre aux autorités et aux structures compétentes d’étudier les mécanismes d’accompagnement appropriés.

La transparence dans la sélection des bénéficiaires, la clarification des conditions d’accès et la mise en place d’un dispositif fiable de suivi constituent des éléments essentiels pour renforcer la confiance et garantir l’équité dans la mise en œuvre de ces initiatives.

Des cadres et entrepreneurs à mobiliser au service du Sénégal

La rencontre a également mis en évidence le potentiel économique de la communauté sénégalaise en Côte d’Ivoire. Plusieurs entreprises créées ou dirigées par des Sénégalais y développent leurs activités, tout en maintenant des liens économiques avec le Sénégal.

Pour le Gouvernement, ces entrepreneurs représentent un vivier de compétences, d’investissements et d’opportunités qu’il convient de mieux valoriser. L’objectif est de les accompagner dans leur développement, de faciliter leur accès aux mécanismes de soutien disponibles et de favoriser l’émergence de véritables champions économiques sénégalais, capables de se développer à l’échelle régionale et internationale.

Cette ambition s’inscrit dans un contexte où la Côte d’Ivoire occupe une place économique majeure en Afrique de l’Ouest. Le renforcement des relations d’affaires entre les deux pays pourrait ainsi favoriser les investissements croisés, les partenariats entre entreprises et la création de nouvelles opportunités pour les jeunes et les femmes.

Dans cette perspective, l’initiative portée par le Réseau des cadres sénégalais en Côte d’Ivoire, représenté notamment par Nabou Fall, a été mise en avant. L’existence d’un réseau d’environ 300 cadres établis dans le pays constitue un atout pour fédérer les compétences, faciliter le partage d’expériences et transformer les relations professionnelles en projets concrets.

L’ambition est de passer de la simple mise en relation à une véritable communauté de pratique, orientée vers l’action, le partage d’expertise et l’identification d’opportunités d’investissement.

Le projet de création d’une Maison du Sénégal en Côte d’Ivoire, qui serait financée par les membres de la communauté avec l’appui de partenaires, s’inscrit dans cette dynamique. Cet espace pourrait accueillir des rencontres professionnelles, des conférences et des activités de réseautage, tout en renforçant la visibilité de la communauté sénégalaise.

Un dispositif de proximité pour traduire les engagements en résultats

Au terme des échanges, la nécessité de mieux structurer la communauté sénégalaise est apparue comme une condition essentielle à l’efficacité des mesures envisagées.

Le Premier ministre a encouragé la mise en place, avec l’appui de l’ambassade et des cadres de la diaspora, d’un dispositif relais permettant de décliner les orientations de l’Agenda Sénégal 2050 en actions concrètes, adaptées aux réalités et aux besoins des Sénégalais vivant en Côte d’Ivoire.

Cette démarche devrait s’appuyer sur une meilleure identification des priorités, une organisation des différents groupes professionnels et socio-économiques, ainsi qu’un mécanisme de remontée d’informations et de suivi des engagements.

La mise en place d’une cellule de relais de l’Agenda national de transformation, en lien avec l’ambassade, pourrait contribuer à cette coordination. Elle permettrait notamment de recenser les besoins, d’orienter les porteurs de projets vers les structures compétentes et de suivre l’évolution des dossiers relatifs au financement des activités économiques, au logement social et à l’accompagnement des jeunes et des femmes.

L’objectif est de créer un cadre de dialogue permanent entre les autorités sénégalaises et leur communauté en Côte d’Ivoire, afin de garantir une meilleure continuité dans le traitement des préoccupations exprimées.

De la solidarité à la contribution active au développement national

Cette rencontre traduit une volonté de renforcer la relation entre l’État et la diaspora autour d’une ambition commune : faire des Sénégalais de l’extérieur des partenaires à part entière du développement national.

Au-delà des préoccupations immédiates, le défi consiste à transformer les compétences, les réseaux et les capacités d’investissement de la communauté en leviers durables de création de richesse et d’emplois.

En plaçant la diaspora au cœur de l’Agenda Sénégal 2050, le Gouvernement entend promouvoir une approche fondée sur la concertation, la responsabilité et les résultats. Une démarche qui vise à faire émerger des projets structurants, à renforcer le rayonnement du Sénégal et à inscrire davantage les Sénégalais de l’extérieur dans la dynamique de transformation du pays.

Le cap est désormais fixé : passer de la connexion à l’action, de l’expression des besoins à leur structuration et des engagements à des résultats mesurables au bénéfice des Sénégalais, où qu’ils vivent.