AccueilContactPlan du siteMentions légalesRSS

Imprimer Enregistrer au format PDF

Accueil > Actualités > Discours > Allocution de Monsieur le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la Conférence ministérielle sur le trafic illicite de stupéfiants

Allocution de Monsieur le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la Conférence ministérielle sur le trafic illicite de stupéfiants

Voir aussi

15 Février 2010

  • Monsieur le Président du Sénat ;
  • Monsieur le Président de l’Assemblée nationale ;
  • Monsieur le Président du Conseil Economique et Social ;
  • Mesdames et Messieurs les Ministres chargés de la lutte contre la Drogue ;
  • Monsieur le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies ;
  • Madame la Représentante du Président de la Commission de la CEDEAO ;
  • Monsieur le Directeur Exécutif de l’ONUDC ;
  • Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Représentation diplomatique ;
  • Mesdames et Messieurs ;

Le Sénégal a aujourd’hui l’honneur et le privilège d’accueillir la Conférence internationale consacrée à l’harmonisation de la lutte contre la drogue et les autres stupéfiants en Afrique de l’Ouest que les experts ont baptisé Initiative de Dakar.

C’est pourquoi, en venant ce matin présider cette importante rencontre, au nom de Son Excellence Maître Abdoulaye WADE, Président de la République, je voudrais vous dire, honorables invités, tout l’intérêt que mon pays accorde à la lutte contre ce phénomène dans notre sous région et vous exprimer l’adhésion sans réserve du Gouvernement à la démarche que vous préconisez.

Cette responsabilité, notre pays compte l’assumer pleinement et solidairement avec les pays frères et amis, avec le précieux appui des partenaires au développement.

Le phénomène du trafic de drogue est là présent, de manière pernicieuse, et pour le vaincre, il est impératif que nous développions des stratégies qui surpassent l’inventivité morbide des narcotrafiquants.

Mesdames et Messieurs, Chers experts,

La matérialisation de cet objectif est pour nous la traduction concrète d’un élan exceptionnel de solidarité des Etats, des Nations et des peuples face à une épreuve qui nous est imposée.

Il m’est d’ailleurs revenu, chers experts, qu’au cours de vos travaux, vous avez mis en exergue, de manière on ne peut plus exhaustive, la complexité du problème du trafic des drogues.

Le constat généralement partagé est que depuis des décennies, le fléau de la drogue a pris des proportions démesurées et des formes multidimensionnelles nécessitant une véritable remise en cause des stratégies de lutte.

En effet, Mesdames et Messieurs, les statistiques officielles et les rapports sur la question confirment que les activités des trafiquants de drogue s’attaquent de plus en plus au segment qui porte l’avenir de nos sociétés, à savoir la jeunesse dont la candeur expose souvent à toutes sortes de tentations.

Au-delà de ces conséquences désastreuses sur nos sociétés, l’on remarquera que le système économique, financier et monétaire sous-régional, déjà fortement éprouvé par la crise, se trouve aussi menacé de déstabilisation du fait du blanchiment des capitaux issus de l’économie de la drogue.

Mesdames et Messieurs,

Face à cette situation que vous avez opportunément décrite dans vos échanges, vous avez suggéré, comme palliatif, l’unité, la cohésion et la solidarité pour faire face à ce défi particulier.

A ce titre il convient de rappeler que la Communauté internationale a, depuis des décennies, fait de la lutte contre ce phénomène l’une des ses principales priorités avec l’adoption, le 20 Décembre 1988, de la Convention des Nations Unies contre le trafic des stupéfiants et des substances psychotropes.

En ce qui les concerne, les pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont adopté un plan d’action de lutte contre la drogue dont l’exécution est en cours.

C’est le lieu de remercier chaleureusement l’Union européenne pour l’octroi d’un financement de 15 millions d’euros pour soutenir la mise en œuvre du plan d’action de la CEDEAO.

Les membres de cette communauté ici représentés se sont tous engagés à traduire de manière concrète leur détermination à faire reculer le « commerce de la mort ».

Mesdames et Messieurs, le danger que fait peser la drogue sur la pérennité et l’harmonie de nos familles, de nos sociétés et nos Etats n’est plus une vue de l’esprit.

C’est pourquoi, notre réponse doit être proportionnelle à l’ampleur des dommages que les trafiquants imposent à nos communautés.

Je partage avec vous que le temps de l’indécision est révolu, au moment où ceux que nous combattons développent des stratégies criminogènes pointues, appuyées par des moyens financiers et technologiques énormes et adossées sur des points d’ancrage dans nos pays respectifs.

En dépit des moyens mis à la disposition des forces de sécurité qui ont permis d’opérer des saisies de plus en plus importantes, le commerce de la drogue reste encore de nos jours d’une vitalité impressionnante.

De notre détermination et de notre engagement communs dépend, dans une large mesure, la neutralisation de ces réseaux. La porosité de nos frontières, la faiblesse, voire l’inexistence de moyens opérationnels ainsi que l’absence de coordination de nos actions nous exposent à de graves menaces et constituent, à terme, un grand danger pour la stabilité de nos Etats.

Il s’agit, par conséquent, pour nos pays, d’affiner nos stratégies nationales en les confrontant aux meilleures pratiques en la matière.

A cet égard, il faut que nous nous assurions que tous les membres de notre Organisation régionale se sont conformés à l’exigence de mise en place d’un cadre juridique adéquat et de structures de coordination et d’exécution de politiques pertinentes contre les stupéfiants.

Mesdames et Messieurs,

En raison de l’efficacité du contrôle exercé en haute mer par les Services de sécurité des pays du Nord, les organisations criminelles s’intéressent davantage aux côtes africaines de l’Atlantique dont elles ont l’ambition de faire une terre de transit vers leurs marchés.

Pour mettre un terme à cette situation et obtenir des résultats concluants, nous devons traiter ce problème dans un esprit de partenariat et de responsabilité partagée.

Sur ces points, je tiens à réitérer l’engagement du Sénégal à mieux insérer son action anti-drogue à la politique sous régionale que nous avons solidairement définie.

Dans le même sillage, je voudrais lancer un appel à nos partenaires au développement pour leur demander de réfléchir avec nous à une forme de coopération mettant beaucoup plus l’accent sur les aspects opérationnels de la lutte contre la drogue.

Mesdames et Messieurs,

Le message que je viens de vous livrer au nom du Président de la République se fonde sur notre attachement commun à la Paix, au Développement et à la stabilité dans nos pays.

C’est pourquoi je considère votre rencontre comme un nouveau départ pour l’éradication du phénomène pernicieux de la drogue dans notre sous-région.

Je ne saurais terminer mon propos sans adresser mes remerciements à tous les partenaires qui ont contribué à la convocation de cette importante rencontre : le Royaume d’Espagne, les Etats-Unis d’Amérique, la République française, l’Organisation des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), l’Union européenne et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

En vous souhaitant plein succès dans vos délibérations, je déclare ouverte la réunion des Ministres consacrée à l’harmonisation de la lutte contre la drogue en Afrique de l’Ouest.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Actualités